Comment commencer
Quel est le matériel nécessaire ?
Comment installer mon poste de travail ?
Quel chalumeau choisir ?
Où se procurer l'oxygène et le gaz ?
Où se procurer des apprêts ?
Sécurité
Quelles sont les mesures de sécurité à observer ?
Je n'ai pas de lunettes de protection, est-ce grave ?
Le verre dans la flamme dégage-t-il des gaz nocifs ?
Un peu de technique...
Comment régler la flamme de mon chalumeau ?
Quelles différences y a-t-il entre le verre Effetre et le Pyrex ?
Quels sont les principaux fabricants de verre pour les perles ?
Peut-on mélanger différents types de verre ?
Caractéristiques des verres Effetre
Quel mandrin utiliser ?
Pourquoi recuire le verre dans un four ?
Comment faire la recuisson ?
Conversions de température
Dictionnaire français-anglais-italien des termes de verriers
 
 

Merci à Laurent Dapolito pour son excellente page " Questions fréquentes " disponible sur http://ceraverre.free.fr/faq_perle.html
De nombreuses informations utiles peuvent également être consultées sur le forum.

 

Comment commencer

Quel est le matériel nécessaire ?

Comment installer mon poste de travail ?

Un atelier de verre au chalumeau n'est pas nécessairement très grand. Il faut tout de même organiser l'espace pour qu'il soit agréable et sûr.
Voilà quelques suggestions simples :

Petits trucs pour l'installation du chalumeau :

Quel chalumeau choisir ?

Les chalumeaux de perliers sont fixés à la table, la flamme orientée du côté opposé au perlier.
Les chalumeaux fonctionnent au propane ou au gaz de ville et à l'oxygène. Le butane brule les couleurs.
Note : les chalumeaux au propane / air ne produisent pas une chaleur suffisante pour le verre Effetre; mais le verre Satake permet l'utilisation de ce type de chalumeau.
Le choix de chalumeaux de perliers est relativement vaste, mais le modèle Minor de la marque canadienne Nortel fait l'unanimité pour son usage polyvalent et son prix très raisonnable.

Il est sans doute un peu juste pour le travail du borosilicate.
Chacun perlier a sa préférence, vous trouverez de nombreux commentaires sur le forum et sur la page chalumeaux du site de Laurent Dapolito.

Où se procurer l'oxygène et le gaz ?

Oxygène en bouteilles :

Plusieurs tailles de bouteilles existent. La B50 contient 10m3 et la B15 4m3. Le prix au m3 est plus intéressant avec des grandes bouteilles.

La commercialisation se fait à travers des distributeurs qui travaillent en général pour l'industrie ou le bâtiment. Il est nécessaire de souscrire un contrat pour la location des bouteilles, il s'agit en général d'un engagement sur trois ans (qu'il est possible de résilier, en fonction de la bonne volonté du distributeur). Ensuite il faut payer chaque échange de bouteille.

Pour Air Liquide, il faut se renseigner auprès des fournisseurs spécialisés dans le matériel pour plombiers. Pour Linde Gaz les professionnels peuvent s'adresser directement auprès des centres de fabrication (coordonnées sur le site web http://www.linde-gas.fr/), les particuliers passeront par des distributeurs.

Livraison : il est parfois possible de se faire livrer les bouteilles d'oxygène. Ce service est payant. Mais la réglementation locale de certaines communes interdit la circulation de camions de livraison lourds, ce qui empêchera la livraison ; renseignez-vous auprès de votre distributeur et de votre mairie.

Les bouteilles d'oxygène nécessitent un détendeur. Ils sont généralement couplés à un manomètre qui permet de connaître le niveau de consommation de la bouteille et de faire varier le débit. Les fournisseurs sont ceux de matériel pour plombiers.

Concentrateur d'oxygène :

Les concentrateurs ont fait leur apparition en France à partir de 2004 mais leur utilisation est très répandue partout ailleurs. L'investissement initial est important, mais il assure une complète autonomie. La pression en sortie est faible (0,35 à 0,6 bars), le débit peu important. Il est difficile d'obtenir des flammes très fortes sur un chalumeau ou d'utiliser plusieurs chalumeaux en parallèle. De plus, l'alimentation en oxygène ne peut pas être arrêtée.
C'est donc une solution économique, qui évite des manutentions, mais elle ne résous pas toutes les cas d'utilisation.

Propane :

Un manomètre permet de faire varier le débit, mais un simple détendeur à gazinière que l'on trouve en supermarché suffit.
Le stockage des bouteilles à l'extérieur est obligatoire en France. Attention, le propane peut geler avec des températures légèrement en dessous de 0°C. Il faut donc stocker les bouteilles à l'abri du vent et des grands froids.
La consommation de propane est très faible comparé à celle en oxygène. Il n'est pas utile de prévoir une grande bouteille.
Ne pas utiliser le butane, qui brûle certaines couleurs du verre.

Gaz de ville :

se renseigner auprès de Gaz de France.

Où se procurer des apprêts ?

 

 

Sécurité

Quelles sont les mesures de sécurité à observer ?

Je n'ai pas de lunettes de protection, est-ce grave ?

Oui, il est dangeureux de ne pas avoir de protection.
Les rayonnements (UVA et B et infrarouges) émis par les chalumeaux ne sont pas excessivement intenses. L'observation occasionnelle de la flamme par les visiteurs de votre atelier n'est pas du tout dangereuse.

En revanche, l'exposition durable à ces rayonnements peut s'avérer redoutable. Elle peut provoquer des cataractes, conjonctivites, ptérygion, etc. Or ces affections ne sont ressenties qu'à posteriori. On n'est peu sensible au phénomène puisque la rétine n'est pas sensible à la douleur.

Le port de lunettes permet de supprimer une bonne part des rayonnements, mais est également un atout pour voir distinctement son travail, puisqu'il supprime les rayonnements jaunes produits lors de l'introduction du verre dans la flamme. Cet argument à lui seul justifie le port des lunettes de protection.

La protection contre les éclats de verre, qui ne manquent pas de se produire lors de l'introduction d'une tige de verre trop froide dans la flamme, milite également pour le port de lunettes.

Les normes françaises concernant les filtres sont NF S 77-104. Les filtres sont en principe de bonne qualité, à l'exception de la mauvaise qualité de filtres appelés communément "bleu fondeur" (source www.inrs.fr).

Le verre dans la flamme dégage-t-il des gaz nocifs ?

Non, les couleurs du verre sont obtenues par des oxydes métalliques stables. Il n'y a que peu de dégagements gazeux nocifs lors du travail du verre seul. Le travail à haute température du borosilicate coloré peut dans certains cas dégager un peu de vapeurs d'oxydes métalliques.

En revanche l'utilisation de métaux (or, argent, palladium, platine) dégage des vapeurs métalliques très nocives et/ou corrosives. Il est donc très important d'avoir une bonne ventilation, voire une hotte d'aspiration pour le travail avec les métaux.

Enfin la flamme très chaude du chalumeau provoque la formation d'oxydes d'azote qui se fixe durablement aux globules rouges. Pour cela encore, il est nécessaire de travailler dans un espace ventilé.

L'utilisation de poudres (émaux) avec le verre doit être faite avec précautions car ces poudres sont très fines, donc volatiles.

Dans tous les cas, il est donc nécessaire de bien ventiler son atelier.

 

 

Un peu de technique...

Comment régler la flamme de mon chalumeau ?

La pression de l'oxygène doit être d'environ 1 bar, la pression de propane de 1,5bar.
Pour un réglage équilibré, la flamme doit être bleue et ne pas siffler trop fort. Les tétons (partie de la flamme directement issue des buses) ne doivent pas être jaunes.

Les réglages dépendent largement du modèle de chalumeau employé.

Il est intéressant de travailler en oxydoréduction dans certains cas : une flamme oxydante contient plus d'oxygène que dans une flamme équilibrée. Une flamme réductrice contient plus de propane.
Une flamme fortement réductrice va absorber des atomes d'oxygène de certains oxydes métalliques, ce qui va provoquer en surface un dépôt métallique. On utilise donc une flamme réductrice avec certains verres pour modifier la couleur.
La flamme oxydante va permettre de garder une couleur stable. C'est très important pour le verre Effetre incolore (cristalo) et le rouge à l'or.

La température de la flamme et la durée de chauffe du verre peuvent également influer sur la couleur de certains verres.

Quelles différences y a-t-il entre le verre Effetre et le Pyrex ?

Le premier est un verre sodocalcique (ou soda). Le second est un borosilicate (ou hard glass) qui contient du bore. Il s'agit des deux grandes familles de verre utilisées pour faire de perles.
Vous connaissez également le cristal qui est un verre au plomb. Le cristal est le plus connu, mais il n'est pas le seul verre à avoir une grande limpidité. Il est peu utilisé par les perliers français.
Il existe d'autres types de verres (float, optique), mais pas utilisés pour les perles.

Voici quelques caractéristiques des différents verres :

Sodocalciques

Plusieurs gammes de couleurs existent :

Les verres transparents laissent passer la lumière au contraire des verres opaques. Mais certaines couleurs opaques comme le noir Effetre ne sont pas réellement opaques, mais un transparent très foncé (violet).

Les opalins et albâtres ont un aspect plus ou moins laiteux avec une semi-transparence.

L'aventurine est un verre saturé de limaille de cuivre. Son aspect est pailleté. Il est disponible en brun, bleu ou vert, le plus souvent sous forme de blocs ou en filigrane.

Les verres dichroïques sont des verres sur lesquels a été déposé des métaux par vaporisation. La surface du verre est donc chatoyante. Le dépôt métallique est extrêmement fin, il est très sensible à la combustion, il faut donc éviter de l'exposer directement à la flamme.

Le verre le plus adapté à la réalisation de perles est disponible sous forme de baguettes, de 50cm à 1m. Mais certains préfèrent utiliser des plaques de verre qu'ils découpent en lamelles, ce qui permet d'utiliser du verre à fusing ou à vitrail.

Borosilicates

Le borosilicate a été conçu au départ pour la chimie. La gamme de couleurs s'étend et rend son utilisation de plus en plus intéressante malgré son prix. Compte tenu du prix des couleurs, leur mode d'utilisation est totalement différent des couleurs sodocalciques.

Cristal

Quels sont les principaux fabricants de verre pour les perles ?

Sodo-calciques
Effetre (anciennement Moretti)

Fabriquant italien, Murano. C'est le plus célèbre producteur de verre au monde. La gamme de couleurs proposée par Effetre est prodigieuse.
Verre disponible en baguettes et filigranes.
COE : 104 (jusqu'à 108 pour certaines couleurs)
http://www.effetre.com/

Vetrofond

Fabriquant italien, Murano. Il s'agit du concurrent direct d'Effetre puisqu'il propose toute une gamme de verres compatibles. La gamme de couleurs est moins étendue que chez Effetre, mais les tarifs semblent être plus faibles. Certains coloris semblent plus stables (transparent incolore, noir).
COE : 104
www.vetrofond.3000.it

Lausha

Fabriquant allemand. Le verre Lausha est très beau, la gamme de couleurs est relativement étendue. Le verre incolore est d'une très grande limpidité et est dans une certaine mesure compatible avec l'Effetre.
Verre disponible en baguettes et en tubes.
Anecdote : une gamme de verre est faite spécifiquement pour les yeux de verre.
COE : 104
http://www.farbglashuette.de/eng/index.html
Distribué par www.glassdaddy.com

Bullseye

Fabriquant américain. Gamme de couleurs étendue. Température de fusion plus élevée que l'Effetre.
Verre disponible en baguettes, fils, grains, poudres, dichoïques.
COE : 90
http://www.bullseye-glass.com/

Satake

Fabriquant japonais. Très connu pour ses magnifiques opalins. Très grande gamme de couleurs. Introuvable en France.
Satake a une gamme de verre sodocalcique et une autre de cristal, non compatibles entre elles.
COE.: Soda lime color: 113, Lead color: 120
http://www.satakeglassusa.com/
http://www.satake-glass.com/usa.html

Spectrum

http://www.spectrumglass.com/
COE : 96
Distributeurs :
http://www.system96.com/Pages/Sys96DistList.html
Vitrail-center, Lyon (69) et Montpellier (34)
http://www.vitrail-saint-georges.fr/Vitrail%20center/Index.html

Uroboros

http://www.uroboros.com/
COE : 90 ou 96 pour les baguettes

Kokomo
Borosilicates

Fabricants de verres borosilicate transparent incolore :

Disponible en tubes, baguettes ou profilés décoratifs. Prix :environ 10 à 15 euros le kilo HT (par carton).

Duran / Schott France, Clichy

http://www.schott.com/french/contact/

Bibby Sterlin France (Nemours, 77)

www.bibby-sterilin.com

SIMAX.

Distribué en partie par Matel en (Saint Quentin Fallavier, 38)
www.matel.fr

Fabricants de verres borosilicate couleur en baguette :
Prix : environ 100 euros HT le kilo.

Alchemy (made in USA).

Le plus large choix de couleurs (72 pour 2003)
http://glassalchemyarts.com
Pas de distributeur en France
Revendeur belge: Glasatelier Saillart http://www.glasatelier-saillart.be
Revendeur allemand:Glas-Vertrieb Braun http://www.g-v-b.de

Nothstar

Fabriquant américain.
40 couleurs environ.
http://www.northstarglass.com/
Distributeur en France: Art et Cristal (Buxieres Sur Montaigut, 63)
tel: 33 0473859035 ou isvea@libertysurf.fr

Colormax ou Halu sarl (, Bugue, 24)

Fabriquant français
8couleurs à 55 euros le kilo H.T.
Contact: "Atelier Galerie Céramique et Verre",
Tel/fax: 05.53.07.47.70 (échantillons gratuits sur demande)

Corning

Grosse multinationale qui possède la marque déposée "PYREX"

Fabricants de verres borosilicate couleur en tubes :

Dichroicalchemy

Tubes boro couleur, décalcomanie pour boro, dichroique boro, FAQ, ...
http://www.dichroicalchemy.com

Shandong HonHai Industrial

(tube boro couleur, transparent, baguette,...)
http://www.boroglasstube.com

Simax (tube de boro rouge, pas de lien)
Corning / pyrex

Borosilicate transparent incolote et tubes de Borosilicate en 5 couleurs
Revendeur: http://www.waleapparatus.com (cliquez "Colored Tubing ")

Cristal
Satake

Fabriquant japonais. Très connu pour ses magnifiques opalins. Très grande gamme de couleurs. Introuvable en France.
COE.: Lead color: 120
http://www.satakeglassusa.com/
http://www.satake-glass.com/usa.html

Peut-on mélanger différents types de verre ?

Il est impossible de mélanger (à chaud) les sodocalciques avec les borosilicates. Ni même de mélanger des sodocalciques de différentes provenance ensemble, à quelques l'exceptions près. Au sein d'une gamme de couleurs d'un fabriquant, il peut même y avoir des incompatibilités.

L'explication réside dans le COE ou coefficient de dilatation. Le verre se dilate à la chaleur, la dilatation dépend de la température et de la composition du verre. Le COE caractérise la dilatation d'un verre à une température précise. Si deux verres ont des coefficients de dilatation différents, ils ne vont pas avoir la même rétractation en refroidissant (même dans un four de recuisson). Des tensions internes vont donc se former et la pièce va éclater, immédiatement ou après une longue période.

Pour que deux verres soient compatibles, il faut que leur COE soient identiques (ou très proches). Il est préférable de tester la compatibilité avant de se lancer dans la réalisation de grandes pièces.

Caractéristiques des verres Effetre

COE : 104

Liste des caractéristiques des couleurs Effetre, référence par référence (plage de fusion, dosage de la flamme, changement de couleur en température).
Principales interactions des couleurs entre elles.
Incompatibilités éventuelles

Quel mandrin utiliser ?

La solution la plus simple et la plus courante est d'utiliser des mandrins en inox. Il peut s'agir de baguettes spécifiquement conçues pour la réalisation de perles ou de simples tiges en inox. Les distributeurs pour perliers vendent ce type de produits. Une autre solution consiste à utiliser des baguettes de soudure inox débarrassées de leur fondant (après un séjour dans l'eau) ou des baguettes de soudure MIG sans fondant. Pour les gros diamètres on utilise des tubes à la place des baguettes pleines.

Les avantages de cette technique sont la facilité de trouver ce type de mandrins, le fait de pouvoir manipuler longtemps le mandrin, et le fait de pouvoir réutiliser le mandrin après utilisation. L'inconvénient est lié au séparateur. Pour que le verre n'adhère pas au mandrin, il est nécessaire de séparer le métal du verre par une fine couche de boue appelée séparateur (ou sludge en anglais). La qualité du séparateur influe sur la réalisation de la perle. Un mauvais séparateur risque de ne pas adhérer suffisamment au mandrin ou au contraire adhérer trop fortement au verre. Une fois la perle recuite, il faut nettoyer la perle en la débarrassant du séparateur, ce qui est une opération manuelle longue et pénible.

Une autre technique est l'utilisation de charnières en cuivre. La charnière est un tube fin de cuivre qui s'utilise sans séparateur. Cette technique est la technique traditionnelle française, mais relativement peu utilisée. Une fois la perle recuite, l'extrémité du mandrin qui supporte la perle est découpée et plongée dans de l'acide sulfurique. L'acide dissout le cuivre et libère la perle. Il est ensuite nécessaire de bien rincer la perle pour qu'elle perde toute trace d'acide. L'avantage de cette technique tient au fait que le nettoyage manuel est réduit. Les inconvénients tiennent à la manipulation d'acides, au dégagement de vapeurs corrosives et au fait que la charnière soit souvent très chaude pendant la réalisation au chalumeau.

Pourquoi recuire le verre dans un four ?

Que se passe-il une fois une perle terminée et laissée à l'air libre ? La surface de la perle va refroidir plus vite que l'intérieur, une croûte solide va se former. Quand l'intérieur de la perle va refroidir et se contracter, des tensions internes vont apparaître. La perle peut rester entière, mais le risque d'éclatement après quelque temps est important.
Plus la perle est grande, plus le risque est élevé. Le risque augmente encore par l'emploi de couches de verre de différentes couleurs et par l'inclusion de métaux.

Note : les verres sodocalciques sont beaucoup plus sensibles aux chocs thermiques que les borosilicates.

Une première possibilité est d'enfouir la perle dans un bac de vermiculite, qui est un isolant qui se présente sous la forme de granulés, ou entre deux couches d'isolant pour four (irritant). Cette solution peut convenir à un débutant. Le refroidissement est bien plus lent qu'à l'air libre et permet d'éviter l'éclatement des perles de petites ou moyenne. Mais le risque persiste toujours avec des grandes perles, et dans tous les cas, des tensions internes risquent de subsister.

Une deuxième possibilité est la recuisson à la flamme. Il s'agit d'éloigner la perle de la flamme très progressivement pour que la température baisse uniformément. Pour être réussie la recuisson à la flamme doit être faite très soigneusement. Là encore le risque d'éclatement de la perle subsiste.

La troisième possibilité, la seule vraiment recommandée, est de recuire la perle dans un four de recuisson. C'est la seule solution qui permette une recuisson parfaite et une stabilité mécanique de la perle dans le temps. Par une cuisson juste en dessous de la température de fusion et un refroidissement lent et progressif, les tensions internes de la perle vont disparaître.
Il peut s'agir d'un four conçu spécifiquement pour les perles ou d'un four détourné de son utilisation première (four à émaux, petit four à céramiques).
Dans tous le cas, les données suivantes doivent être prises en compte :

Comment faire la recuisson ?

Courbe de température

Voici ci-dessous une courbe de température de recuisson typique.
Coube de température
Le four est allumé et amené è la température de recuisson T1 le plus vite possible. Sur un programmateur, la durée d1 est réglée sur 0.
Une fois la pièce introduite (en t2 sur le schéma), il faut une durée minimale de recuisson (d2).
Une descente lente en température est faite jusqu'à un palier à la température T2. La température T2 est maintenue pendant une durée d4 pour supprimer les tensions qui auraient pu apparaître pendant la descente.
Enfin la température est redescendue jusqu'à la température ambiante.
Ce processus a pour but d'assurer une homogénéisation de la température à l'intérieur de la perle grâce aux paliers, et à éviter les chocs thermiques, grâce aux descentes en température lentes.

Seuils en fonction du verre utilisé

Les seuils donnés ici sont indicatifs. On retrouve en effet dans la littérature spécialisée plusieurs valeurs pour les même seuils. Les durées dépendent de la taille des perles. Plus le verre est épais, plus il faut des temps de recuisson importants et des vitesses de refroidissement lentes. Les valeurs données ici doivent être suffisantes pour des perles de grande taille.

Pour le verre Effetre la température de recuisson T1 est de 510°C (soit 950°F). Une valeur entre 490°C et 510°C convient.
La durée de recuisson est d'au moins une demi heure, mais une durée plus longue ne nuit absolument pas à la perle !
Le deuxième pallier se fait autour de la température de 400°C (750°F).
La duré de descente d3 est de deux heures et demi, soit entre 35 et 40°C par heure.
La durée du palier d4 est de une demi heure.
Le four peut être ensuite éteint, son inertie thermique suffira à assurer un refroidissement lent (3 à 4 heures).

Conversions de température

Conversion du degré Celsius en degré Fahrenheit = degré C x 1.8 + 32
Conversion du degré Fahrenheit en degré Celsius = (degré F - 32) / 1,8

Dictionnaire français-anglais-italien des termes de verriers

verre - glass :
minéral dont la structure n'est pas cristaline. Le verre est composé principalement de silice (70 à 72%) qui est le vitrifiant, de soude ou de potasse (14%) comme fondant, de chaux (10%) comme stabilisant, et enfin d'autres composants : des oxydes métalliques qui donnent la couleur ou de la limpidité et de la brillance (oxyde de plomb) ou de l'opacité, ou d'autres composants comme l'alumine. En fonction de sa composition, ses caractéristiques techniques (température de fusion, coefficient de dilatation, résistance, etc.) peuvent varier fortement.
L'obsidienne, une roche noire et coupante, est un verre naturel qui se forme lors d'éruptions volcaniques.
Pour plus d'informations, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Verre
canne - cane :
verre étiré en une longue et relativement fine baguette ou en tube
Une canne peut désigner un verre unicolore ou composé de différentes couleurs (latticinio, murrines)
Une canne peut également designer un tube d'acier inox qui sert à souffler le verre.
perlier ou facteur de perles - beadmaker :
artiste ou artisan qui réalise des perles en verre à l'aide d'un chalumeau ou à la canne.
souffleur de verre - glassblower :
artiste ou artisan qui réalise des objets en verre à l'aide d'une canne creuse à l'extrémité de laquelle une masse de verre est placée, dans laquelle il souffle pour créer une bulle. Un souffleur de verre peut également souffler à partir de tubes de verre chauffés au chalumeau.
perles - beads :
petit objet percé de part en part. Celles qui nous intéressent sont en verre et créées au chalumeau. Les perles de rocaille (très petites perles industrielles) ne sont pas des perles de création.
perles chevron - chevron beads :
type de perle travaillée à la canne et à froid inventée à Murano.
Elles sont constituées d'une superposition de couches de verre coloré (souvent une alternance de couleurs et de blanc). La bulle de verre est placée à chaque couche dans un moule femelle en forme d'étoile. Une fois la dernière couche ajoutée, la bulle est étirée en une longue canne creuse.
La canne est ensuite découpée en tronçons à froid puis chaque pièce est meulée en forme d'ellipse pour faire apparaître un décor en forme de chevrons.
Les perles chevrons traditionnelles sont tricolores blanc, bleu et rouge, ou blanc vert et rouge, les perles contemporaines présentent une grande variété.
chalumeau - torch :
le chalumeau de verrier est fixé à la table devant laquelle le verrier travaille. La flamme peut être dirigée vers le haut ou dans la direction opposée au verrier. Le chalumeau sert à la fois à faire fondre des baguettes de verre et à réchauffer la pièce en cours de réalisation.
canne - blowpipe :
un tube d'acier inox qui sert à souffler une masse de verre située à son extrémité.
ferret - pontil rod :
une tige d'acier pleine qui permet de cueillir le verre dans le four et d'apporter une masse de verre pour compléter une pièce en cours de réalisation.
pontil :
le pontil est une pièce métallique ou une canne de verre que l'on colle au fond de la pièce pour travailler l'ouverture.
four - furnace :
le four contient un creuset qui lui même contient du verre incolore en fusion. Les fours sont généralement alimentés au gaz et à l'air pulsé. C'est dans ce four que le souffleur cueille le verre.
cueillir le verre :
saisir une masse de verre à l'extrémité d'une canne ou d'un pontil à l'intérieur d'un four. Des cueillages successifs permettent de faire grossir la taille de la masse de verre cueillie.
four de réchauffe - glory hole :
four cylindrique chauffé au gaz dans lequel le verrier plonge la pièce en cours de travail pour ramollir le verre. Le souffleur de verre alterne le travail au banc avec les passages de la pièce dans le four pour former le verre.
banc - bench :
banc muni de deux bras latéraux sur lequel le souffleur s'assoit. La canne est posée sur les deux bras et le souffleur la fait rouler d'avant en arrière de sa main gauche. Avec sa main droite il forme la masse de verre à l'aide d'outils à main (fers, ciseaux, pincettes, ciseaux, mailloche ).
mailloche :
sorte louche en bois de fruitier, souvent du poirier qui est un bois dense. Elle sert à contrôler la forme d'une bulle. La mailloche est d'abord imprégnée d'eau, puis le souffleur y insère la bulle qu'il est en train de souffler, la canne est ensuite tournée pour que la bulle prenne la forme intérieure de la mailloche.
marbre - marver :
plaque de marbre, d'acier ou de graphite (le plus souvent pour les perliers) qui sert à former une masse de verre en fusion en cône ou cylindre à l'aide d'un pontil ou d'un ferret.
passer au marbre - marvering :
rouler le verre sur le marbre pour le mettre en forme ou le refroidir.
paraison :
début de la forme d'une pièce, mise en forme des premiers cueillages.
pastorale :
petite plaque métallique sur laquelle sont placées des pièces de verre à réchauffer avant de les inclure dans une pièce plus importante. La pastorale est placée devant le four de réchauffe afin de préchauffer le verre qui y est disposé jusqu'à ce que le souffleur de verre roule une canne ou une bulle de verre en fusion pour réunir les différents éléments.
recuisson - annealing :
une fois la pièce ou la perle terminée, elle doit être placée dans un four de recuisson. Ce processus permet d'une part d'éviter les chocs thermiques, et d'autre part de faire disparaître les tensions internes de la pièce, introduites par la superposition de couches de verre de différentes couleurs (de composition chimique différente) à des températures différentes. Cette étape est donc indispensable et garantit la pérennité de la pièce. Elle ne modifie pas l'aspect de la pièce.
four de recuisson - annealer :
four électrique dans lequel sont refroidies les pièces une fois terminées. Le processus de recuisson suit une courbe de température assez précise avec plusieurs paliers de refroidissement.
lattucino - zanfirico :
canne de verre torsadée de différentes couleurs. Le terme lattucino est employé par les perliers tandis que zanfirico est employé par les souffleurs de verre à la canne.
outils à main :
les fers et les pincettes donnent la forme, les ciseaux servent à découper un excédent de verre.
murine - murinni :
mise en forme d'un graphisme dans la masse par superposition de couches de différentes couleurs. La section de la murine révèle son graphisme. Une fois étirée, la canne est découpée en petits tronçons qui seront appliqués en section sur d'autres pièces en verre.
travail à chaud - hot work :
travail du verre en fusion. Le verre peut être chauffé dans un four ou au chalumeau
travail à froid - cold work :
travail effectué sur la pièce de verre une fois celle ci refroidie. Il peut s'agir de gravure, sablage, découpe, etc.
scie et disque diamanté - diamond saw, wheels :
équipement de lapidaire utilisés pour couper et usiner le verre, par exemple pour faire des perles chevrons. Un abrasif au grain 180 est très gros tandis que le grain 360 est très fin.
tonneau à polir - tumbler :
cylindre rotatif dans lequel on place des pièces à polir avec des abrasifs de différentes qualités. Plusieurs étapes avec des abrasifs de plus en plus fin sont nécessaires pour donner un poli parfait. Le tonneau tourne lentement. Le processus peut durer plusieurs semaines.
Pour polir les perles, les perliers utilisent une technique totalement différente, celle du poli à la flamme qui consiste à faire fondre le verre en surface de la perle à la flamme du chalumeau pour obtenir une surface unie et très lisse.
dévitrification :
défaut de la surface du verre s'il est chauffé trop longuement. La surface n'est plus lisse mais granuleuse. Certaines couleurs peuvent être dénaturées.

 

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